C’est officiel cet hôtel a perdu toutes ses lettres de noblesse. J’avais pourtant conservé une once d’espoir après mes remarques de l’année passée, en me disant qu’un sursaut d’orgueil sauverait la réputation de la maison. Hélas, non seulement ils ont touché le fond… mais ils ont aussi sorti les pelles pour continuer à creuser. Je vais commencer par l’aquapark, seule vraie raison pour laquelle nous fréquentions encore cet hôtel. À l’arrivée, un quiproquo grotesque la demoiselle à l’accueil, visiblement championne en antipathie olympique, nous annonce sans ciller que nous ne sommes pas sur la liste et que nous n’avons donc pas accès. J’explique, j’insiste, je précise que c’est payé. Elle ne bronche pas. Résolu à garder mon calme, je file moi-même à l’accueil principal :surprise, oui c’est bien payé. Je retourne donc voir Mademoiselle Sourire-inexistant, qui, sans même vérifier, nous accorde finalement le droit d’entrer. Un conseil gratuit changez-la de poste, ou alors inscrivez son humeur massacrante au programme de divertissement. À l’intérieur, on s’installe, persuadés que la journée peut enfin commencer. Illusion. On nous intime de nous serrer pour « faire de la place ». Pourquoi ? Parce qu’un bus d’enfants débarque. En fait non : des bus entiers. On déplace les affaires des clients absents (qui se baignent, mais détail insignifiant visiblement) et on installe des transats supplémentaires à la chaîne, façon sardines en boîte. Je n’ai rien contre les enfants, mais transformer un espace payant en colonie improvisée, c’est autre chose. Fatigués, on migre vers le bassin principal de l’hôtel. L’ambiance est plus calme… jusqu’au moment où le maître-nageur décide d’organiser un concours de plongeons avec ses copains. Le même maître-nageur qui, une heure plus tôt, faisait la morale à des enfants parce que « les plongeons sont interdits ». Résultat : remarques des résidents, petites escarmouches… un grand moment de professionnalisme. Fin de journée retour en chambre. Pas de serviettes. Pas de draps. Pas grave, j’appelle le service… enfin, j’essaie. Le téléphone ne fonctionne pas. Je descends à la réception signaler le problème. Je reviens dîner : toujours rien. Je redescends. Finalement, 30 minutes plus tard, les draps apparaissent. Quant aux serviettes ? Elles, elles devaient être encore en voyage organisé. Le lendemain, rebelote : l’aquapark censé ouvrir à 10h. À 10h20, toujours portes closes. Les maîtres-nageurs ? Portés disparus. On finit par ouvrir sous la pression des clients. Les maîtres-nageurs arrivent… à 11h. Tranquilles. Je passe sur la chambre fatiguée, la literie usée et les petits détails qui finissent de ternir le tableau. Censé être un hôtel 5 étoiles, il en a perdu au moins 4 en route. À ce stade, on frôle plus le motel amélioré qu’autre chose. Bref, c’est ma dernière fois ici. Je préfère encore traverser la Méditerranée et profiter de la Tunisie, où les hôtels savent encore ce que veut dire « service ». Ici, on paye le prix for
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